J'ai passé des heures et des nuits entières à relire les mots qui s'étaient au fur et à mesure entassés ici. Une couche de sédiments qui sentait mauvais comme le passé que je tente encore et toujours de digérer; de transcender.
Bien sûr, ce ne sont encore rien d'autre que des pixels, et des mots que je tape sur mon clavier, depuis mon lit, en regardant la pluie tomber à grosses goûtes. Je suis malade. Pour ne pas dire très mal en point. Je traîne depuis le début de l'été un poison interne qui me ronge; qui ravage mes journées, un vent glacial qui souffle sans cesse sur les étendues meurtries de mes poumons. Les heures sont longues lorsque la douleur se réveille. On cherche, on cherche, personne ne trouve. Voilà.
Dans mon lit, mon lit qui a traversé les ans, depuis les plus belles heures de ma vie, et qui est devenu mon lit de malade, en lisant Céline, en regardant la pluie fracasser le sol sans broncher, je l'attends. C'est lui qui j'aime. Tout le reste ne compte plus. Je n'écrirai pas "LUI", ni son prénom, ni même son initiale, je veux conjurer le sort, je ne veux pas qu'il finisse comme l'autre dont j'avais trop parlé, à qui j'avais trop pensé, dont j'ai trop attendu.
Tout cela est réellement terminé. J'ai passé trop de temps plongée dans ces pages à me dire qu'elles étaient mal écrites, laides à faire peur, miroir déformant de mon passé qui me colle à la peau parce qu'il est moi. Mais je ne suis pas lui.
Adieu.
Votre hôte dévouée
Le mot du jour: Vanité
Les notes: Vincent Delerm & Valérie Lemercier - Le coup de soleil
Les mots: Le Guépard - Lampedusa





